Plusieurs centaines de jeunes adultes s'adressent chaque année à la DCC dans la perspective d'un départ comme volontaire de solidarité internationale. Ils pourraient au regard de leurs formations et de leurs diplômes intégrer des postes à responsabilité. 

Alors quel sens donner à ces expériences si ce n'est que vouloir progresser en humanité ? Par ce que l'on donne et par ce que l'on reçoit.

La dureté de la Mondialisation a besoin, d'être atténuée par l'apport de multiples démarches discrètes, de temps passé de proximité, d'échanges. 

Dans le contexte spécifique de la France le paysage humanitaire et caritatif ne serait pas complet si l'Eglise Catholique ne proposait pas la possibilité d'un engagement via le volontariat à cause de Jésus et de l'Evangile. 

Il y a des enjeux pour la société, pour l'Eglise de France, pour les jeunes, pour l'apostolat des laïcs, pour la Mission. 

Car les besoins existent. Des partenaires nombreux font appel aux volontaires via la DCC pour renforcer temporairement leurs actions de promotion humaine.

Des candidats par centaines (environ 1 500 à 2 000 candidatures spontanées par an) pour 250 départs effectifs s’adressent à nous.

Si la question légitime de la pertinence d’une structure catholique de volontaires se pose après 35 années d’existence, la théorie du réel s’impose. 

Que veulent ces « partenaires » divers de tous les continents, Diocèses, congrégations, associations qui demandent un volontaire pour des actions d 'éducation et de formation, de santé, de gestion, de communication, de respect des droits, de dialogue, d’agronomie etc ?


Ils cherchent des compétences pour un temps donné souvent deux ans. Ils cherchent des volontaires qui partent dans un esprit de désintéressement (souvent l’indemnité est de 153 euros par mois 1000 Fr dans notre ancienne monnaie-) qui souhaitent donc vivre au plus près des populations une expérience humaine et culturelle forte, qui est à l’aise dans sa culture, qui aide souvent les communautés dans lesquelles il est inséré à s’ouvrir à la différence à d’autres valeurs par sa propre présence. Ils souhaitent aussi un volontaire qui accepte de se laisser envahir par la vie d’une autre église, qui puisse vivre et témoigner d’une expérience spirituelle ou d’une recherche respectueuse et ouverte ;

Il faut lire les rapports semestriels des volontaires ! Comment sur tous les plans, y compris dans le doute, voire l’aveu de faiblesse le conflit ou le découragement, cette expérience de volontariat, d’échange fondamental dans la durée, structure, développe, grandit celles et ceux qui s’y risquent. 

Ils cherchent particulièrement pour ceux qui vivent dans des Pays ou l’Eglise catholique est minoritaire, voire se réduit à quelques unités, des personnes dont le souci premier est de servir son frère en humanité. J’allais rajouter c’est tout. C’est tout, mais dans ce tout, passe le cœur du message évangélique comme début décembre nous le rappelait Mgr Bertin évêque de Djibouti et administrateur de la Somalie venu nous épauler, lui qui accueille 23 volontaires actuellement, durant la semaine d’information sur le volontariat. Ils attendent un frère conscient de la richesse du dialogue inter religieux et œcuménique. 

Et que souhaitent ces candidats lorsqu’ils s’adressent à la DCC ? 

Ils savent qu’ils s’adressent au service le l’Episcopat pour la coopération agrée par les Pouvoirs Publics pour le volontariat en Eglise, mais pas seulement.

Ils acceptent donc de faire toute une démarche de sélection et de formation avec d’autres qui ne leur ressemblent pas forcément. Diversité de parcours, d’origine ecclésiale a toutes les étapes sur le chemin de la Foi.

Ils acceptent d’être sous l’autorité de partenaires locaux, experts du terrains sur lequel ils sont envoyés. Ils acceptent de perdre leurs repères- de quitter leurs amis, leurs proches, qui prennent le risque de se laisser modeler par la richesse de ces deux ans et de ne plus se reconnaître dans leur miroir français au retour. 

De toutes les façons, sauf quelques cas douloureux, cette expérience leur aura plus apporté que ce qu’ils auront donné. Ils se seront inscrits, souvent, dans l’histoire d’un projet qui existait avant eux, et qui continuera avec d’autres que souvent ils auront contribué à former.

Ils seront transformés, parce qu’ayant exercé des responsabilités dans une culture différente. Ils se seront découverts une autre orientation professionnelle quelque fois. Pour certains ils auront rencontré l’âme sœur, mûri une vocation sacerdotale ou religieuse. Ils auront conforté leur volonté de s’engager au retour, ici en France, dans le monde associatif, les lieux de dialogue, de lutte contre le racisme. Le volontariat DCC est une école de citoyenneté.

Ils auront découvert pour beaucoup, une autre Eglise avec ses richesses, ses faiblesses. Cela renforcera un engagement qu’ils avaient avant leur départ ou les encouragera à rejoindre, une paroisse, une instance de formation, les organismes caritatifs et de solidarité, les services missionnaires.

Le volontariat DCC est une formation de cadres laïcs pour l’Eglise de France. Le réseau des anciens qui dans des diocèses de plusieurs régions permet le témoignage pour aider au recrutement, regroupe des personnes qui ont ce souci. 

Le volontariat associatif de solidarité international a du sens. Pour notre société comme pour les communautés qui accueillent.

Il a du sens dans sa fragilité même. Le monde de la solidarité bouge. Les associations de solidarité et en leur sein, celles de volontariat évoluent, se structurent ou se réorientent.

Il y a fort à penser que dans les années à venir l’Europe, ses modes de financement influent sur la structuration du paysage du volontariat français.

Certaines associations travaillent déjà à la validation des acquis du volontariat. D’autres gèrent des équipes mixes sur le terrain, qui comportent leurs volontaires et leurs salariés. La DCC est attentive à toutes ces évolutions du volontariat et du monde associatif. Elle persiste à croire néanmoins, à un certain style de volontariat basé sur la compétence (le niveau d’étude des volontaires est bac + 3) mais aussi sur le militantisme, la durée, le désintéressement, la fraternité au sens plein du mot lorsque tous se reconnaissent fils et filles du même Père. 

Alors quels sont les défis devant lesquels se trouve la DCC.

Ils sont nombreux. Le premier est de renforcer le contact et les relations avec les "partenaires" anciens et de multiplier les liens avec les nouveaux. Cela passe par des missions régulières dans les Pays (60 actuellement) dans lesquels la DCC a ouvert des postes. L’équipe des chargés de mission, composé très majoritairement de bénévoles, anciens volontaires ou religieux religieuses mis à disposition de la DCC est sans cesse à compléter, former, animer. Avis aux amateurs qui ont la possibilité de consacrer l’équivalent d’un mois ou un peu plus par an à la DCC (missions sur le terrain compris).

L’autre objectif est de croître en notoriété dans les communautés chrétiennes, auprès de leurs responsables , auprès des mouvements des services, des université, des Instituts et congrégations etc.

C’est de ce milieu que proviennent la majorité des candidats; C’est ici que le projet de la DCC est le mieux partagé et compris. C’est là que sa contribution à la Mission, à l’apostolat des laïcs, est la mieux identifiée .Bien entendu être mieux connu et apprécié cela veut dire un recrutement de candidats plus important, une solidarité financière aussi. Deux points cruciaux pour l’avenir.

Cela est le travail nécessaire en destination « du cœur de cible » comme disent les spécialistes du marketing. Mais c’est aussi à destination d’un public plus vaste que des actions , des informations, sont nécessaires à travers la presse, des locations de stands dans l des salons, par le témoignage de volontaires, par la présence de la DCC dans des lieux de solidarité associative.


Un autre enjeu important est d’être capable pour la DCC de répondre aux multiples acteurs et compétences qui souhaitent bénévolement s’associer à son action. Petite structure permanente, elle ne peut aujourd’hui consacrer assez de temps à des travaux ou des apports ponctuels que stagiaires, experts, théologiens, gens des médias, sont prêts à offrir.

En observant les changements rapides du fonctionnement des grands services de l’Etat qui nous concernent : Coopération, éducation populaire, formation, vie associative, solidarité et citoyenneté etc, l’on constate une évolution vers la déconcentration des moyens. Cela veut dire rentrer en contact avec de multiples interlocuteurs, là où il y a quelques années un seul réglait tout. Cela pour la DCC nécessite des moyens humains, du temps des documents, des heures et des heures de rendez-vous, de montage de dossiers pour qu’un conseil général, une région, une grande ville co-finance tel ou tel poste dans un pays ou un autre, ou cite la DCC dans les organismes à contacter dans ses documents. 

Un autre grand chantier est l’Europe. Aujourd’hui le volontariat n’est pas reconnu à ce niveau ; L’on y parle de personnel expatrié, d’experts techniques. Nos volontaires n’ont pas le profil Européobruxellois !

La DCC pense s’engager dans la dynamisation des contacts entre les organismes chrétiens de volontariat présents en Europe. Si l’on souhaite peser dans une Europe à 30, dans une politique de solidarité à 30, dans une société européenne ou les Eglises auront peut leur place ou dans tous les cas elles l’auront à travers un œcuménisme réel loin des pinailleries françaises sur le sujet, il faut dès aujourd’hui s’y atteler.

Quand l’on sait que déjà aujourd’hui nos politiques et nos financements français dans tous les domaines sont conditionnés à plus de 40% par des directives européennes il faut savoir regarder au loin. Surtout si(il ne faut pas s’y tromper) l’horizon n’est pas si éloigné que cela. 

Enfin pensons à notre société française. Comme dans toute société en développement, la liberté de ses membres doit permettre de vivre une dimension solidaire y compris en y faisant le lien avec la foi. Une église catholique minoritaire, par ses actions au service du développement humain peut y proposer la foi, tout en étant respectueuse et actrice de la laïcité du XX ieme siècle. 

Sur toutes ces convictions et préoccupations le Conseil d’administration a souhaité entamer une réflexion dans le cadre des 35 ans de la DCC.

Alors Grâce à l’histoire, aux efforts multiples d’aujourd’hui, la DCC pourra demain encore exercer son Service d’Eglise.